Paludisme : les pays à risque et comment se protéger en voyage
15/10/2026Chaque année, plusieurs milliers de voyageurs rentrent en France avec le paludisme, ce qui place le pays au premier rang des pays occidentaux pour le nombre de cas importés. La plupart reviennent d’Afrique subsaharienne, et beaucoup n’avaient pas pris de traitement préventif, ou l’avaient arrêté trop tôt. Avant de partir dans une zone à risque, mieux vaut donc savoir où circule la maladie, comment s’en protéger et quels symptômes doivent alerter au retour
1. Le paludisme, qu'est-ce que c'est ?
2. Le paludisme dans le monde : les chiffres clés
3. Les pays à risque de paludisme
4. Comment se protéger du paludisme en voyage
5. Les symptômes du paludisme : quand consulter ?
6. Paludisme et assurance voyage
7. Questions fréquentes
Le paludisme, qu'est-ce que c'est ?
Le paludisme, aussi appelé malaria, est une maladie due à un parasite du genre Plasmodium, transmis à l'homme par la piqûre de moustiques anophèles. Plusieurs espèces de parasites existent, mais Plasmodium falciparum, très présent en Afrique, est responsable de la grande majorité des formes graves.
Contrairement au moustique de la dengue, qui pique surtout le jour, l'anophèle pique principalement entre le coucher et le lever du soleil. C'est pourquoi la protection pendant la soirée et la nuit est essentielle dans les zones à risque.
Le paludisme dans le monde : les chiffres clés
Selon le dernier rapport mondial de l'Organisation mondiale de la santé, publié fin 2025, le paludisme a causé environ 282 millions de cas et 610 000 décès dans le monde en 2024, soit une légère hausse par rapport à l'année précédente. La région Afrique concentre à elle seule 94 % des cas et 95 % des décès.
La France est particulièrement concernée par le paludisme d'importation, c'est-à-dire contracté à l'étranger et diagnostiqué au retour : elle compte chaque année plusieurs milliers de cas et se classe au premier rang des pays occidentaux pour le nombre de cas importés notifiés. La plupart concernent des voyageurs revenant d'Afrique subsaharienne.
Les pays à risque de paludisme
Le paludisme circule dans 80 pays, principalement dans les régions tropicales. Le niveau de risque varie fortement d'un pays à l'autre, et parfois d'une région à l'autre au sein d'un même pays : un médecin pourra évaluer précisément le risque selon votre itinéraire, votre saison de départ et votre type de séjour.
Afrique subsaharienne
C'est la zone la plus touchée au monde. Le Nigeria, la République démocratique du Congo, le Niger et la Tanzanie concentrent à eux seuls plus de la moitié des décès dus au paludisme dans le monde, et le risque est élevé dans la quasi-totalité de l'Afrique subsaharienne, y compris dans des destinations touristiques comme le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Bénin, le Cameroun, le Kenya, l'Ouganda ou le Mozambique. À Madagascar, le risque existe sur la majeure partie de l'île, et les Comores connaissent une résurgence importante en 2026.
Asie et Océanie
En Asie, le risque concerne notamment l'Inde, le Pakistan, l'Afghanistan, le Myanmar et certaines zones rurales ou forestières du Cambodge, du Laos, du Vietnam et de l'Indonésie, en particulier dans sa partie orientale. En Océanie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les îles Salomon et le Vanuatu sont des zones de forte transmission.
Amérique latine
Le paludisme est surtout présent dans le bassin amazonien : au Venezuela, dans certaines régions du Brésil, de la Colombie, du Pérou et de l'Équateur, ainsi qu'au Guyana. En France, la Guyane est le seul département où le paludisme circule activement, tout au long de l'année.
Les destinations où le risque est faible ou absent
Bonne nouvelle pour beaucoup de voyageurs : plusieurs destinations très fréquentées ne présentent pas de risque, ou un risque limité à des zones peu touristiques. Le Sri Lanka a été certifié exempt de paludisme par l'OMS en 2016, et l'Égypte et le Cap-Vert en 2024, même si ce dernier a depuis connu une résurgence de cas. La Géorgie, le Suriname et le Timor-Leste ont rejoint la liste en 2025. En Thaïlande, en Malaisie ou au Vietnam, le risque se concentre dans quelques zones forestières ou frontalières, en dehors des circuits touristiques classiques. Comme la situation évolue, vérifiez toujours les recommandations sanitaires en vigueur pour votre destination.
Comment se protéger du paludisme en voyage
Se protéger des piqûres, le soir et la nuit
Dès le coucher du soleil, portez des vêtements longs et couvrants, appliquez un répulsif adapté à votre âge et à votre situation, en suivant les conseils de votre pharmacien, et dormez sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide si votre hébergement n'est pas protégé. La climatisation et les moustiquaires aux fenêtres réduisent aussi le risque.
Le traitement préventif
Pour de nombreuses destinations, un traitement préventif, appelé chimioprophylaxie, est recommandé. Il doit être prescrit par un médecin, idéalement lors d'une consultation dans un centre de vaccinations internationales plusieurs semaines avant le départ, car le choix du traitement dépend de la destination, de la durée du séjour, de votre âge et de votre état de santé. Il se prend avant, pendant et après le séjour, selon des modalités précises : l'arrêter trop tôt fait partie des causes fréquentes de paludisme au retour. Aucun traitement préventif n'est efficace à 100 %, d'où l'importance de combiner les deux protections.
Et le vaccin ?
Deux vaccins contre le paludisme sont aujourd'hui utilisés, mais ils sont destinés aux jeunes enfants vivant dans les zones de forte transmission en Afrique, ils ne sont pas proposés aux voyageurs, pour qui la protection repose sur la lutte contre les piqûres et le traitement préventif. Notre article sur les vaccinations par destination vous aidera à préparer votre consultation.
Les symptômes du paludisme : quand consulter ?
Les premiers symptômes ressemblent souvent à ceux d'une grippe : fièvre, frissons, sueurs, maux de tête, douleurs musculaires, fatigue, parfois nausées, vomissements ou diarrhée. Ils peuvent apparaître pendant le séjour ou après le retour, généralement dans les semaines qui suivent, mais parfois plusieurs mois plus tard.
Toute fièvre pendant un séjour en zone à risque, ou dans les mois qui suivent le retour, doit faire penser au paludisme, même si vous avez suivi un traitement préventif. Consultez rapidement un médecin ou un service d'urgence et signalez votre voyage : seul un examen sanguin permet de confirmer le diagnostic, et un traitement rapide évite l'évolution vers une forme grave.
Paludisme et assurance voyage
Un accès palustre peut nécessiter une hospitalisation de plusieurs jours, et dans certains pays, un transfert vers un établissement mieux équipé, voire un rapatriement. Hors d'Europe, ces frais ne sont pas pris en charge par l'Assurance maladie : une assurance voyage est donc indispensable avant de partir dans un pays à risque.
Avec l'assurance voyage Routard d'AVI International, une maladie survenue pendant le séjour relève de la garantie frais médicaux, jusqu'à 500 000 € pour la plupart des destinations concernées, en complément de vos éventuels remboursements de la Sécurité sociale. Si votre état le justifie, l'assistance organise et prend en charge votre rapatriement aux frais réels, et si vous êtes hospitalisé plus de 5 jours, le voyage d'un proche à votre chevet. Avant de partir, le service de téléconsultation inclus dans le contrat peut aussi répondre à vos questions sur les précautions à prendre selon votre destination.
Ces garanties s'appliquent dans les limites prévues par la notice d'information, qui exclut notamment les pays et régions déconseillés par le ministère des Affaires étrangères, une situation qui concerne plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et du Sahel. Pour un séjour de plus de 8 semaines, l'assurance Marco Polo ou l'assurance PVT prennent le relais.
Vous partez dans un pays à risque de paludisme ? Avec l'assurance Routard, vos frais médicaux et d'hospitalisation à l'étranger sont pris en charge, votre rapatriement est organisé si nécessaire et une assistance médicale vous répond 24h/24.
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Questions fréquentes
Quels sont les pays les plus touchés par le paludisme ?
Le Nigeria, la République démocratique du Congo, le Niger et la Tanzanie concentrent plus de la moitié des décès dus au paludisme dans le monde. Plus largement, l'Afrique subsaharienne représente 94 % des cas.
Y a-t-il du paludisme en Thaïlande ou à Bali ?
En Thaïlande, le risque se limite à quelques zones forestières et frontalières, en dehors des circuits touristiques classiques. À Bali, le risque est considéré comme très faible. Un médecin pourra confirmer si un traitement préventif est utile selon votre itinéraire.
Faut-il un traitement préventif contre le paludisme ?
Pour de nombreuses destinations, notamment en Afrique subsaharienne, oui. Il doit être prescrit par un médecin selon votre destination et votre profil, et pris jusqu'au bout, y compris après le retour.
Combien de temps après le retour le paludisme peut-il se déclarer ?
Le plus souvent dans les semaines qui suivent le retour, mais parfois plusieurs mois après. Toute fièvre dans les mois suivant un séjour en zone à risque doit amener à consulter en signalant le voyage.
Camille - Rédactrice AVI