Barcelone

Étudier en Espagne : le guide complet

04/08/2026

Étudier en Espagne séduit chaque année des milliers d'étudiants français, et le pays est de loin la première destination Erasmus d'Europe. La libre circulation évite toute démarche de visa, mais la procédure d'accès aux universités espagnoles réserve une surprise : le baccalauréat français ouvre bien les portes, encore faut-il le faire convertir par un organisme spécifique, et parfois passer des épreuves complémentaires pour espérer une place dans les filières demandées. S'ajoutent des formalités de résidence obligatoires au-delà de trois mois, dont une preuve d'assurance maladie. Voici le parcours complet.

1. Pourquoi l'Espagne attire les étudiants français

2. Grado, Máster ou échange : quelle voie choisir ?

3. Dans quelle ville étudier en Espagne ?

4. Le calendrier universitaire et les dates clés

5. L'accès à l'université : UNEDasiss et PCE

6. Quel niveau d'espagnol faut-il ?

7. Combien coûtent des études en Espagne ?

8. Les démarches à l'arrivée : NIE, empadronamiento, logement

9. Travailler pendant ses études

10. Quelle assurance choisir pour étudier en Espagne ?

 

Pourquoi l'Espagne attire les étudiants français

La première destination Erasmus d'Europe

L'Espagne accueille davantage d'étudiants Erasmus que tout autre pays européen, et cette concentration crée un écosystème très rodé : services d'accueil international structurés dans les universités, marché locatif habitué aux séjours d'un ou deux semestres, associations étudiantes très actives. Pour une première mobilité, l'entrée en matière est nettement plus douce que dans des destinations moins habituées aux flux internationaux.

Un coût de la vie contenu

Hors Madrid et Barcelone, le coût de la vie espagnol reste sensiblement inférieur aux moyennes françaises, particulièrement sur le logement et la restauration. La proximité géographique complète l'avantage financier : les retours en France restent rapides et abordables, ce qui compte pour une famille comme pour un étudiant.

Un atout linguistique et professionnel

L'espagnol est la deuxième langue maternelle la plus parlée au monde. Une maîtrise acquise en immersion ouvre non seulement le marché espagnol mais l'ensemble de l'Amérique latine, un argument que peu de mobilités européennes peuvent revendiquer. Les filières de commerce international, de tourisme, d'architecture et de santé bénéficient par ailleurs d'une bonne réputation.

Grado, Máster ou échange : quelle voie choisir ?

Les trois formules de mobilité

Trois voies permettent de faire des études en Espagne, et la lourdeur administrative varie considérablement de l'une à l'autre :

  • l'échange Erasmus+ ou un partenariat interétablissements : vous restez inscrit dans votre établissement français, la sélection se fait en interne et vous échappez à toute la procédure d'admission espagnole ;
  • l'inscription directe en Grado, l'équivalent de la licence, généralement en quatre ans : c'est la voie la plus exigeante administrativement, car elle suppose de passer par la procédure d'accès détaillée plus loin ;
  • l'inscription en Máster, d'un à deux ans : la candidature s'effectue directement auprès de l'université, sans passer par le dispositif d'accès réservé aux diplômes du secondaire.

Universités publiques et établissements privés

Le paysage espagnol combine un solide réseau d'universités publiques, où les frais d'inscription restent modérés et où les étudiants européens paient les mêmes tarifs que les Espagnols, et des établissements privés ou des écoles de commerce de réputation internationale, dont les frais se rapprochent de ceux pratiqués ailleurs en Europe. Le choix se fait donc autant sur le budget que sur le projet académique.

Dans quelle ville étudier en Espagne ?

Le choix de la ville pèse doublement en Espagne : sur le coût de la vie, mais aussi sur les frais d'inscription eux-mêmes, puisque chaque communauté autonome fixe ses propres tarifs. L'écart entre la Catalogne, parmi les plus chères, et l'Andalousie, parmi les plus accessibles, est loin d'être anecdotique.

Ville Points forts À savoir
Madrid Offre universitaire la plus large du pays, tissu économique dense, nombreuses opportunités de stage Marché locatif tendu et loyers élevés : chercher tôt et prévoir une solution transitoire
Barcelone Rayonnement international, forte offre de cursus enseignés en anglais, cadre de vie très recherché Frais d'inscription parmi les plus élevés d'Espagne et présence du catalan dans certains cours
Valence Bon équilibre entre qualité académique et coût, grande communauté étudiante, ville à taille humaine Popularité croissante : le marché locatif se tend d'année en année
Séville Coût de la vie bas, frais d'inscription parmi les plus faibles du pays, immersion linguistique forte Étés très chauds et offre de cursus anglophones plus limitée
Grenade Ville étudiante emblématique, vie associative très dense, loyers bas Communauté internationale importante : l'immersion demande un effort volontaire
Salamanque Référence historique pour l'apprentissage de l'espagnol, université prestigieuse, cadre agréable Ville de petite taille, opportunités de stage plus rares

 

Pour une première mobilité, une ville moyenne présente deux avantages concrets : un logement trouvable à distance avant le départ, et une progression linguistique plus rapide faute de pouvoir se replier sur le français ou l'anglais au quotidien. Madrid et Barcelone gardent l'avantage pour un projet axé sur le stage et le réseau professionnel.

Le calendrier universitaire et les dates clés

Une rentrée en septembre, deux semestres

L'année universitaire espagnole suit un rythme proche du français : rentrée en septembre, deux semestres, examens en janvier puis en mai ou juin, avec une session de rattrapage. C'est un avantage par rapport aux destinations de l'hémisphère sud, dont le calendrier décalé complique les équivalences.

Les échéances à ne pas manquer

Le calendrier espagnol est conçu pour tenir compte des résultats du baccalauréat français, connus en juillet. Les épreuves complémentaires facultatives se tiennent toutefois dès la fin du printemps, avec une session de rattrapage à la rentrée. Si votre projet vise une filière sélective, il faut donc s'organiser bien avant les résultats du bac, alors que pour une filière non sélective l'essentiel du dossier peut se monter en juillet. Les périodes de préinscription varient selon les communautés autonomes : c'est la première date à relever, avant toute autre démarche.

L'accès à l'université : UNEDasiss et PCE

C'est la partie la plus technique du parcours, et celle qui distingue le plus l'Espagne des autres destinations européennes. Elle ne concerne que les candidatures en Grado : un échange ou un Máster y échappe.

Le bac suffit, mais il doit être converti

Bonne nouvelle : un bachelier français n'a pas à passer l'examen d'entrée espagnol que les lycéens locaux affrontent. Le baccalauréat ouvre directement l'accès à l'université.

Il faut en revanche obtenir une accréditation auprès de l'UNED, l'université nationale d'enseignement à distance, via son service UNEDasiss. Cet organisme convertit vos résultats du baccalauréat en une note sur l'échelle espagnole, seule reconnue par les universités. Le dossier reste léger : relevé de notes du bac, attestation de réussite et pièce d'identité. L'accréditation est délivrée en quelques semaines, compatible avec une rentrée de septembre, et pour les candidats européens elle n'expire plus.

Les PCE pour les filières sélectives

La conversion du bac plafonne mécaniquement votre score, ce qui devient un problème lorsque la filière visée est demandée. Les PCE, ou Pruebas de Competencias Específicas, sont des épreuves par matière organisées par l'UNED qui permettent d'améliorer sa note d'admission.

Comment fonctionne la nota de admisión

Le système espagnol classe les candidats sur une note d'accès calculée sur dix points, à laquelle les épreuves complémentaires peuvent ajouter jusqu'à quatre points de bonification, pour un maximum théorique de quatorze. Chaque université publie la nota de corte de l'année précédente, c'est-à-dire la note du dernier candidat admis dans chaque formation. C'est l'équivalent du dernier appelé sur Parcoursup, et le seul repère fiable pour calibrer ses vœux. Les matières à présenter se choisissent en fonction de leur coefficient dans la filière ciblée, ce qui suppose de vérifier les pondérations publiées par chaque université.

Quand passer les épreuves

Les PCE se déroulent en deux sessions, la principale à la fin du printemps et une session de rattrapage à la rentrée. Les résultats restent valables deux années, ce qui autorise une seconde tentative sans repartir de zéro. Un point de méthode utile : ne présenter que les matières réellement nécessaires pour atteindre la note de coupure visée, plutôt que de multiplier les épreuves.

La préinscription régionale

Une fois l'accréditation obtenue, la candidature s'effectue via le portail de préinscription de la communauté autonome visée, où vous classez plusieurs formations par ordre de préférence. Chaque région dispose de son propre calendrier et de son propre portail : viser deux communautés différentes suppose deux procédures distinctes.

Quel niveau d'espagnol faut-il ?

Les certifications DELE et SIELE

Les universités espagnoles exigent généralement un niveau B1 ou B2, selon l'établissement et la filière, attesté par une certification officielle de type DELE ou SIELE. Le SIELE, passé sur ordinateur avec des résultats rapides, s'avère souvent plus souple à organiser que le DELE, dont les sessions sont moins fréquentes.

Les cursus enseignés en anglais

L'offre de programmes anglophones s'est fortement développée, principalement à Madrid et Barcelone, et concerne surtout les niveaux Máster ainsi que les écoles de commerce. Un justificatif d'anglais y remplace la certification d'espagnol. Une réserve toutefois : suivre un cursus en anglais dans un pays hispanophone sans progresser en espagnol reviendrait à manquer l'essentiel de l'intérêt de la mobilité. Les universités proposent presque toutes des cours de langue à leurs étudiants internationaux.

Combien coûtent des études en Espagne ?

Des frais d'inscription calculés au crédit

Contrairement à l'Allemagne, l'Espagne facture bien des droits d'inscription dans ses universités publiques. Ils se calculent au crédit ECTS et sont fixés par chaque communauté autonome, d'où des écarts importants d'une région à l'autre. Point essentiel : en tant que ressortissant européen, vous acquittez les mêmes tarifs qu'un étudiant espagnol, sans surcharge internationale. Les montants restent très inférieurs à ceux pratiqués dans les pays anglo-saxons.

Le budget de vie

Le logement constitue le premier poste, avec un écart considérable entre Madrid ou Barcelone et les villes moyennes. Il faut anticiper une caution à l'entrée dans le logement, souvent l'équivalent d'un à deux mois de loyer, ainsi que les frais liés aux démarches administratives et à la certification linguistique. Les transports urbains et la restauration locale restent en revanche très abordables, avec des tarifs étudiants généralement avantageux.

Bourses et aides mobilisables

Plusieurs dispositifs se cumulent : la bourse Erasmus+ pour les mobilités d'échange, les aides à la mobilité internationale distribuées par les établissements français, les dispositifs propres à certaines régions et collectivités, et les bourses au mérite proposées par certaines universités espagnoles. Ces demandes ont leurs propres calendriers, généralement plus précoces que celui des inscriptions.

Les démarches à l'arrivée : NIE, empadronamiento, logement

Le certificat d'enregistrement, ou NIE vert

Aucun titre de séjour n'est requis pour un citoyen européen, mais tout séjour dépassant trois mois impose une inscription au Registro Central de Extranjeros. Elle donne lieu à la délivrance du Certificado de Registro de Ciudadano de la Unión, couramment appelé NIE vert, qui porte votre numéro d'identification d'étranger.

La démarche s'effectue sur rendez-vous auprès d'une Oficina de Extranjería ou d'un commissariat, avec le formulaire EX-18 en double exemplaire, une pièce d'identité en cours de validité et le justificatif de paiement de la taxe correspondante.

Trois justificatifs sont attendus d'un étudiant : la preuve d'inscription dans un établissement d'enseignement espagnol, la preuve de ressources suffisantes pour la durée des études, et une preuve de couverture santé offrant une protection complète en Espagne, publique ou privée. La Carte Européenne d'Assurance Maladie peut remplir cette dernière condition, à condition d'en vérifier la date de validité avant le départ : une carte qui expire en cours de cursus pose immédiatement problème.

Ce certificat n'est pas une simple formalité. Sans lui, il devient très difficile d'ouvrir un compte bancaire espagnol, de souscrire un abonnement téléphonique ou un contrat d'énergie, et d'obtenir certains documents administratifs liés à votre scolarité. Les créneaux de rendez-vous étant saturés dans les grandes villes, c'est l'une des premières démarches à engager.

Obtenir mon attestation d'assurance étudiant

L'empadronamiento

L'inscription au registre municipal de votre commune, appelée empadronamiento, délivre un certificat souvent réclamé en amont d'autres démarches, y compris parfois pour le certificat d'enregistrement lui-même. Elle suppose un justificatif de domicile, contrat de location ou attestation du propriétaire.

Trouver un logement

Le piso compartido, colocation entre étudiants, constitue la formule la plus répandue et la plus économique. Les residencias et colegios mayores, résidences universitaires parfois adossées à une vie associative structurée, offrent une solution simple à l'arrivée mais se réservent tôt. La location individuelle reste la plus coûteuse et exige généralement une caution conséquente, parfois un garant.

Un conseil largement partagé par les étudiants : dans les grandes villes, mieux vaut arriver avec un hébergement temporaire de quelques semaines et visiter sur place, les annonces les plus sérieuses ne se traitant pas à distance.

Travailler pendant ses études

En tant que citoyen européen, vous accédez au marché du travail espagnol sans autorisation particulière ni plafond horaire spécifique lié à un statut étudiant.

Il faut néanmoins tempérer les attentes. Le chômage des jeunes reste élevé en Espagne et les salaires d'entrée modérés : un emploi étudiant complète un budget mais ne le finance pas. Les secteurs les plus accessibles sont la restauration, le tourisme et l'hôtellerie, particulièrement dans les zones côtières et en saison, ainsi que les cours particuliers de français, où le statut de locuteur natif constitue un avantage réel. Les stages en entreprise, appelés prácticas, sont bien intégrés aux cursus et souvent le meilleur levier professionnel.

Une précaution à connaître : exercer une activité salariée en Espagne vous fait entrer dans le système de sécurité sociale espagnol, ce qui modifie votre situation de couverture. Il est prudent de vérifier les conséquences sur votre affiliation française avant de signer un contrat.

 

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Quelle assurance choisir pour étudier en Espagne ?

La CEAM, nécessaire mais insuffisante

Pour faire ses études en Espagne, la Carte Européenne d'Assurance Maladie satisfait la condition de couverture exigée pour le certificat d'enregistrement et donne accès aux soins médicalement nécessaires dans le réseau public espagnol. Elle ne vaut en revanche que dans le secteur conventionné, alors que les délais de rendez-vous poussent souvent vers les cliniques privées, et elle ne couvre ni le rapatriement sanitaire, ni la responsabilité civile, ni les bagages.

Les garanties complémentaires de Planète Études

L'assurance Planète Études d'AVI International se superpose au dispositif européen sans s'y substituer. Elle intervient sur le rapatriement sanitaire et l'assistance joignable 24 heures sur 24, apporte la responsabilité civile privée fréquemment réclamée par les bailleurs et par les établissements dans le cadre des conventions de stage, couvre les bagages et les accidents de la vie quotidienne et sportive, et prend en charge les frais réels là où la CEAM s'arrête aux tarifs conventionnés espagnols.

Elle offre enfin une continuité utile pour les mobilités européennes : un étudiant installé en Espagne voyage volontiers au Portugal, au Maroc ou ailleurs en Europe pendant ses congés, et la couverture ne s'interrompt pas à la frontière.

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Camille

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